La Mort des Rois Trône d'argile (Le), t.4
Le traité de Troyes consacre Henry V d'Angleterre, régent de France, au terme de la lutte farouche que se sont livrés Bourguignons et Armagnacs. Affaibli, le dauphin saura t-il faire prévaloir son titre de successeur au trône de France ?
L'histoire :
Depuis le traité de Troyes, le 21 mai 1420, la paix est jurée en présence d’Henry V et de Philippe de Bourgogne. Charles VI a donné sa fille Catherine en mariage au Lancastre et le reconnaît comme son « fils » et héritier. Le roi de France conserve donc sa couronne, mais c’est le roi d’Angleterre et désormais régent, Henry V, qui gouverne. Le 6 décembre 1420, le traité de Troyes est ratifié, unissant les destinées des royaumes de France et d’Angleterre devant Dieu, instaurant ainsi une double monarchie. Le dauphin est déshérité, privé de ses seigneuries et exclu de la succession au trône. Néanmoins, Charles VII, dans une France alors exsangue, refuse cette situation, se considérant comme l’héritier légitime du trône de France. Il sonne alors le glas de la révolte et engage une politique guerrière de reconquête, dont le point de départ est Poitiers. Aidé par les Ecossais, fidèles ennemis du roi Henry V, les troupes du dauphin Charles VII lancent une offensive au Vieil-Baugé, afin de défendre le duché d’Anjou, terre où le dauphin s’est réfugié. En ce 22 mars 1421, les Français l’emportent aisément. Ce revers de l’armée anglaise signifie alors la reprise des hostilités, tant Henry V y voit là une contestation insupportable de son autorité. Pendant ce temps, en Lorraine, une jeune paysanne répondant au prénom de Jeannette, s’entraîne en cachette à l’art de la guerre, en compagnie de ses frères…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec ce 4e volet, très attendu, narrant l’une des périodes les plus complexes de l’histoire de France, Le trône d’Argile s’impose désormais comme l’une des meilleures séries historiques en bande dessinée de ces dernières années, aux côtés de Murena pour l’Antiquité. Ce qui semblait relever de la gageure – à savoir rendre accessible un événement historique mal connu et sous-tendu par des enjeux confus – finit par ressembler à une fresque épique et maîtrisée, racontant notamment le destin légendaire d’une jeune paysanne de Lorraine dont la vie s’inscrit dans les desseins de la Providence divine. A la fois érudit et accessible, ludique et plaisant, l’album remporte avec succès le pari de divertir le lecteur de manière intelligente, par le truchement de l’Histoire de France. Entre trahisons et coups bas, ambitions liées au pouvoir et stratégies de palais, le lecteur se trouve plongé au cœur des intrigues de cours royales, se délectant de l’impuissance des uns et savourant le machiavélisme des autres. Toujours aussi rythmée et prenante, la narration ne souffre d’aucun défaut, même si les événements marquants se raréfient dans cet épisode. En marge de la trame principale, émerge une des figures marquantes de cette période, Jeanne d’Arc, considérée comme le signe avant-coureur du redressement de la France et des victoires décisives. Dans cet épisode, le lecteur comprend aussi comment « l’héroïne » réussit, bien involontairement, à accéder à la cour de Charles VII. Enfin, le dessin toujours aussi peaufiné de Théo (voir aussi Le Pape Terrible) et la mise en couleur idoine, servent à merveille un récit franchement réussi. Bref, si le trône est d’argile, le talent des auteurs est d’argent. A suivre, évidemment…
Les avis des terriens Terrien ALBERT, note : 6/6 "Histoire en bande dessinées " Il est trop rare d'avoir en bande dessinées une histoire dont le thème est l'Histoire tout simplement, pour ne pas signaler l'excellente qualité de cette série. Dans le cas présent nous sommes vers la fin de La Guerre de Cents Ans, et cet album aborde la mort des deux Rois de France en exercice. Ce tome 4 ne dénote pas pas rapport aux 3 premiers tomes de cette jeune série (moins de cinq ans) et c'est un véritable plaisir de remonter le temps et de partager des grands moments de notre Histoire. Enfin surtout pour les Français... Les scénaristes alternent les ambiances de complots et de conseils, avec des grandes batailles, sans jamais utiliser de récitatifs, ou explicatifs, ou des scènes de violence sur des pages et des pages. On sent bien qu'avec cet album nous sommes arrivés à un tournant décisif de La Guerre de Cents Ans. Si la série est prévue sur sept tomes, on se prend à espèrer que les auteurs, sans la faire durée 100 ans, la prolongerons pour de nombreuses années encore.