L'ouvre temps Valerian, t.21
Valérian, Laureline et tous leurs amis participent à l'ultime combat contre les Wolochs. Or, pour gagner, ils doivent l'OuvreTemps. L'ultime album d'une saga culte !
L'histoire :
4 ans après leur première mission spatio-temporelle, Valérian et Lauréline se retrouvent sur la planète Simlane. Ils sont dans la Cité de Filène qui subit les attaques des pierres Wolochs, et tentent donc de faire évacuer la population. Lauréline se retrouve avec quelques enfants sous les décombres du palais, quand arrivent Valérian et la Mère Suprème pour les évacuer. Au même moment, les Wolochs détruisent l’empire des milles planètes. Sur Syrte, Elmir, le président de la guilde des marchands, prépare la lutte et organise la résistance pour apporter leur soutien à Valérian et Lauréline. Il affrète un camion volant équipé de moteur spatio-temporel, afin de se rendre sur le lieu final de rendez-vous. Sur Glapum’t, Jal et la Princesse Kistna cherchent Ralph le Glapum’tien. Ils ont besoin de lui et de ses dons en matière de balistique, pour mener le combat contre les Wolochs. Sur les astéroïdes de Shimballil, Lauréline récupère Monsieur Albert afin de chercher le califon d’Iksaladdam. Il est une âme pure, comme les enfants de Filène, indispensables pour faire fonctionner l’OuvreTemps. Lauréline retrouve alors Valérian sur PointCentral, la prodigieuse ville-monde, et tous deux se rendent en « enfer » retrouver Sat, l’archange déchu…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Et voilà la der des der, pour nos deux agents spatio-temporel Valérian et Lauréline. Après 40 ans d’une saga de science-fiction remarquable, inventée par Pierre Christin et mise en image par Jean-Claude Mézières, l’album final est enfin publié. Cette saga a marqué les années 70 et 80 par son avant-gardisme en matière de science fiction. Le mélange subtil du présent, du passé et du futur, donne une liberté d’action à Pierre Christin pour construire une histoire sans barrière de lieu et de temps. Avec cet album, il clôt le chapitre spatio-temporel de nos deux agents. Le final est digne du space-opéra, rassemblant pour l’occasion tous les acteurs rencontrés au fil des missions/albums. Chacun va choisir sa place, celle pour le bien ou pour le mal, mais tous répondent présent. Ce choix de final est donc plutôt consensuel, voire sans réelle surprise. Comme il nous l’avouera en interview, Pierre Christin l’avait néanmoins préparé depuis longtemps. On n’en dira guère plus sur la fin de ce dernier album, qui reste malgré tout dans la lignée des derniers opus albums : à savoir moyen, éloigné de la belle fraîcheur des premières aventures. Le dessin de Mézières, toujours en place, apporte bien sûr la touche finale, toujours alerte bien qu’un tantinet irrégulière. En cause, quelques sautes de finitions, des planches parfois nettement moins travaillées, qui surprennent à la lecture. Quoi qu’il en soit, cela reste l’album du moment, qui ne remet nullement en question les grandes qualités d’une pure série de SF. Merci Pierre Christin et Jean-Claude Mézières pour cette fantastique saga spatio-temporelle !
Les avis des terriens Terrien anthony, note : 6/6 "Une fin toute en finesse" Le tome 21 des agents spatio-temporels Valérian et Laureline boucle la boucle dans cette épisode ultime où nos deux héros doivent résoudre le mystère de la disparition de la terre et prendre leur retraite plus que mérité après avoir vécu de nombreuses aventures, aux incroyables rencontres, aux planètes fabuleuses et aux univers étranges, tous compilés dans le scénario de ce dernier opus de manière assez remarquable. Ce space opéra doit son succès à la richesse des scénarios (tous les grands enjeux de la société actuelle y ont été abordés au moins une fois) et à l’inventivité du graphisme (Laureline n’est-elle pas l’une des premières héroines de BD digne de ce nom ?).
Terrien David, note : 5/6 "Bonne surprise pour un lecteur novice sur cette saga" J'ai lu cet album sans avoir auparavant plongé mes yeux sur aucun titre de cette célèbre saga. C'est un peu par hasard que j'ai choisi cet album pour commencer par la fin (ne cherchez pas à comprendre). N'étant pas spécialement fan de science fiction, je fut agréablement surpris par l'univers que je découvrais. C'est à dire un graphisme en douceur et plein de poésie dans ces multiples personnages tout en couleur aux silhouettes diverses. Évidemment ces personnages étant apparus au fur et mesure de la construction de la série, pour moi cela me posa bien sûr un problème pour comprendre leur rôles respectifs et importances diverses. On sent le style des BD des 70's dans les traits et décors. Par contre, les planches des pages 17, 18 et 19 m'ont surpris et on comprend ensuite en page 20 que ce sont des images diffusées à Valérian et Laureline que l'on vient de lire. J'ai adoré la rupture du style des cases de la page 44 à 47 pour dynamiser les évènements qui s'y déroulent. Ces cases de toutes tailles et de toutes formes plus une belle en pleine page sont une très bonne idée pour une fin en apothéose. Je n'en dit pas plus. Bonne lecture à tous.
Terrien Franck, note : 4/6 "Valérian tire sa révérence" Après 43 ans de bons et loyaux services, le plus célèbre des agents spatio-temporels pose enfin son sac. En effet, les aventures de Valérian avaient débuté en 1967 et s'adressaient alors au jeune public (Les Mauvais Rêves). A la grande surprise des auteurs (Pierre Christin et Jean-Charles Mézières) qui y annonçaient la fin de notre monde en 1986 (à la suite d'un accident nucléaire, cette année là, dans le vrai monde, nous avons eu Tchernobyl !), les pérégrinations de Valérian (puis de Valérian ET Laureline) se seront poursuivies plus de 40 ans ! Si au départ les récits suivent un schéma classique (on pense notamment à La Patrouille du Temps de Poul Anderson, une des sources d'inspiration des auteurs), rapidement, Christin et Mézières introduisent des thèmes audacieux pour une BD de genre : l'écologie et le colonialisme dans Bienvenue sur Aflolol, l'impérialisme dans L'Ambassadeur des Ombres, le sexisme dans Le Pays sans Etoiles, etc. Ils annulent le cataclysme de 1986 (dans Les Spectres d'Inverloch et Les Foudres d'Hypsis) qui fondait Galaxity, la Terre du futur dont Valérian était originaire, puis lancent la série dans une nouvelle direction. Nos héros, privés d'attaches (sauf dans le monde terrien contemporain dont M. Albert devient un personnage récurrent), errent dans un univers où ils deviennent des vestiges d'une civilisation effacée.
En 40 ans, les deux auteurs ont développé un univers cohérent et original, peuplé d'une variété de créatures exotiques (au point de produire une encyclopédie de ces mondes imaginaires.) Loin des Space Opera baroques d'un Druillet, le style visuel de Mézières a influencé des auteurs de bande dessinée et même des cinéastes. En effet, on prête à Luc Besson, qui embaucha Mézières pour son Cinquième Élément, ces propos non exempts d'une certaine roublardise : "la différence entre George Lucas et moi, c'est que moi, j'ai payé Mézières." Au terme de ce qui est sûrement le plus long Space Opera de la BD française, les aventures de Valérian et de Laureline s'achèvent par une boucle narrative et temporelle. L'univers est menacé par les Wolochs, des monolithes noirs (!) qui dévastent toutes les planètes connues sur leur passage. Désormais, il y a deux attitudes face à cette menace, la résistance, qu'incarnent nos héros et leurs alliés, ou la collaboration. On va donc revoir défiler les personnages secondaires des précédents albums, comme lors d'un rappel au théâtre : la mère-nature de Filène, le marchand de Syrte, Shroeder - le savant sosie de Jerry Lewis - et le gangster Sunrae, ainsi que les habituels Shingouz ou M. Albert... Même le créateur des Terres truquées fait une apparition clin d'œil à la fin de l'album... Tous vont, aux côtés de nos héros, s'efforcer de contrer les forces mortifères (et non "du mal") et leurs affidés (le triumvirat de Rubanis, la trinité d'Hypsis, le quatuor Mortis, les héros déchus de l'Equinoxe...) et de sauver l'univers grâce à l'Ouvretemps, un Graal récupéré par Valérian. Au terme de ce récit, la menace est écartée et Galaxity réapparaît. Mais nos héros ne sont plus en mesure de se ré-acclimater à leur vie précédente et un ancien ennemi - devenu un personnage positif - leur offre alors une opportunité de repartir à zéro. La première aventure "sérieuse" de Valérian et Laureline les envoyait sur une Terre dévastée, l'ultime leur laisse un univers à construire. C'est un peu difficile de laisser des personnages qui nous ont accompagné pendant des années, même si depuis leur apparition, la science-fiction s'est banalisée et que, du coup, leurs aventures avaient perdu de ce qui faisait leur originalité... La postérité est assurée avec Sillage, Tessa, Agent Galactique, Orbital... qui revendiquent plus ou moins leur filiation avec Valérian. Il nous reste un roman commis par le duo Christin/Mézières et un dessin animé produit par Luc Besson (décidément !) sympathique mais assez peu fidèle à l'esprit de la BD. Le cycle et la série se bouclent donc de façon cohérente, ce qui n'est déjà pas un mince exploit. Au revoir. Et merci pour le voyage.